Il était presque évident que j’allais craquer pour cette nouvelle version de Batgirl : une rouquine ultra-connectée avec des Doc Martins colorées, what’s not to like ? 😉 Au delà du côté cool, la Batgirl de Burnside a été une belle surprise, car le fond est aussi beau que la forme ! Découvrez ma nouvelle critique de comics : Batgirl, Bienvenue dans mon coeur !

La plupart des héros de chez DC Comics ont subi un reboot au moment des New 52 en 2011. Mais dans les comics, un changement d’équipe créative (scénariste + dessinateur) est parfois l’occasion d’un mini reboot. C’est à dire que le passé reste le même, mais le style du héros de la publication peut changer de manière drastique. Cela peut être une expérience traumatisante, comme pour Wonder Woman (non, je ne vous parlerai pas de la collection « Wonder Woman, l’amazone » qui sortira en janvier prochain chez Urban Comics, c’est bien trop mauvais, surtout en comparaison des 5 merveilleux tomes scénarisés par Azzarello et dessinés par Cliff Chiang). Et ça peut être salutaire, comme ici avec Batgirl ! Les numéros précédents avaient été scénarisés par Gail Simone, une artiste que j’aime beaucoup mais qui m’avait moyennement convaincue sur cet arc-ci. L’arrivée de la Batgirl de Burnside avait fait grand bruit au moment de sa parution aux Etats-Unis, car son style était vraiment inédit ! J’avais hâte de voir si cette agitation était justifiée…

critique comics batgirl burnside

Résumé : Lorsque les ennuis pointent le bout de leur nez, Barbara Gordon n’est pas du genre à abandonner ses vieilles habitudes. Alors, quand un terrible incendie la prive de tout ce qu’elle possédait, la jeune femme saisie l’opportunité de repartir à zéro. Tout comme le reste de la jeunesse branchée de Gotham, elle s’installe dans le quartier chic de Burnside et profite de ce renouveau pour redéfinir le style et les méthodes utilisées par son alter ego Batgirl. Mais changer d’environnement ne réduit pas pour autant les menaces et dangers quotidiens de l’héroïne.

Urban Comics fait comme à son habitude un excellent travail d’édition, en débutant cet ouvrage avec une intro résumant les différentes étapes de la vie de Barbara Gordon alias Batgirl, précisant quel était l’état de la continuité suite à ce micro reboot, sans oublier de mentionner les artistes ayant travaillé sur ce titre auparavant et aujourd’hui. Je ne me lasserai jamais de chanter les louanges d’Urban !

On découvre une Batgirl sur le point de repartir à zéro, ayant tout perdu, même la totalité de son équipement de chauve souris. La justification parfaite pour un redesign de son costume assez audacieux, qui a tellement plu qu’il a été copié chez d’autres titres DC comme Marvel (Spider Woman !). La scène où elle se fabrique un nouveau costume aura certainement plu aux cosplayeurs, tellement le clin d’oeil est évident !

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C’est un nouvel univers très séduisant que l’équipe créative nous propose ! Dans le quartier « hipster » où Barbara s’est installée, on parle de sites de rencontres, de soirées arrosées, du thème du harcèlement en ligne, des hashtags à tout va… Et de manière incroyable, ce discours « jeune » n’est pas ridicule ! Etant moi-même accro aux réseaux sociaux, voir les personnages utiliser « Pixtagraph » (pastiche du réseau social Instagram) m’a fait sourire et je me suis reconnue en Barbara, je me suis attachée immédiatement par le biais de ces détails de la vie quotidienne. L’un des deux scénaristes, Brenden Fletcher, écrit aussi Gotham Academy (excellente série !) et Black Canary (pas encore lu, mais ça ne saurait tarder !) c’est à dire les séries qui sont destinées à un public plus jeune et féminin. DC Comics a fait le bon choix en misant sur lui pour proposer des histoires plus en phase avec le monde actuel ! A l’image de Miss Marvel du côté de la concurrence, Batgirl est la série-phare du renouveau de la maison d’édition.

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Ce renouveau se fait en mettant en avant Barbara plutôt que Batgirl. Par exemple, on ne la voit en costume qu’au bout de la 20ème page environ ! Auparavant, l’accent est mis sur la personnalité plutôt que sur le masque, en opposition totale avec Batman par exemple. Le lecteur s’attache ainsi très rapidement à cette identité retravaillée. Le dessin de type cartoon de Bab Tarr participe largement à ça : tout est tellement mignon !! En écrivant cette phrase, je me rends compte que cet univers ne doit pas parler à des lecteurs plus âgés de comics, mais hé, le reste c’est pour vous alors tant pis ! J’ai déjà parlé du magnifique design du costume nouvelle génération de Batgirl, mais chaque case est un régal. Son dessin est très dynamique : le découpage alterne entre classique et beaucoup plus surprenant lorsqu’elle veut souligner un mouvement ou une action que fait Batgirl. Les cases où elle fait fonctionner sa mémoire photographique, ou lorsqu’elle coud son costume et qu’on voit sa playlist en insert sont vraiment de belles trouvailles. Une énergie positive se dégage de ces pages, c’est quand même rare de pouvoir dire ça, non ?

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Dans cet océan de compliments, un seul épisode vient gâcher le reste. Je vais un peu spoiler un chapitre, alors si ça vous dérange, passez au paragraphe suivant !
On en a beaucoup parlé sur les blogs américains, un épisode fait intervenir une imitatrice de Batgirl, qui se révèle être un imitateur. Un artiste dont on ne sait pas très bien s’il est transgenre ou « drag queen » prend la même apparence que Batgirl pour surfer sur sa célébrité fulgurante dans le quartier, et j’ai trouvé que ce chapitre était assez maladroit, et limite insultant envers les personnes transgenres. Je vais préciser la scène qui me dérange. Attention, encore une fois, spoilers ! Barbara découvre que son imitatrice est un homme, celui-ci va ensuite révéler à une audience de fans que lui, Dagger Type, est Batgirl. Et là… tout le monde se marre et personne ne le croit ! Je veux dire, sur toutes les photos « Pixtagram » ils n’y ont vu que du feu et ils l’ont bien pris/prise pour Batgirl, mais en voyant qu’il est un homme ils n’y croient plus ? C’est débile ! Peut-être que je pinaille, mais j’ai trouvé ça vraiment moyen et toutes ces paillettes ça fait mal aux yeux de toutes façons.

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Malgré cette maladresse, le reste est tellement plaisant que je l’ai vite oubliée. Il n’y a pas d’arc fort dans ce premier tome, il y a un fil rouge mais ce sont quelques petites enquêtes qui servent à établir le nouveau style et montrer comment Batgirl se débrouille en système D. Parfois, c’est cool de lire des histoires un peu plus simples ! Cela dit, l’ensemble est fun mais il comporte aussi des passages plus sombres, notamment ceux rappelant le fauteuil roulant où se trouvait Barbara avant sa guérison miracle. C’est un bon équilibre, on lit avec le sourire mais il y a du fond, ce n’est pas niais pour autant.

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Bon, avec tout ça vous avez arrêté de lire et êtes déjà partis acheter Batgirl, n’est-ce pas ? Sage décision.

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