Oliver Queen était un millionnaire débauché qui ne s’intéressait qu’à lui-même, jusqu’au jour où il se retrouva naufragé sur une île. La quête pour sa survie l’amènera à découvrir sa véritable vocation : justicier… Je vous ai parlé récemment de la série Arrow, place aujourd’hui à l’excellent comics qui l’a inspirée : Green Arrow : Year One !

Ce personnage est peu connu en France, car peu de ses aventures y sont parues par rapport à Batman ou Superman. Pourtant il est plus qu’un simili Robin des Bois, et Urban Comics l’a prouvé en sortant Green Arrow : Year One, de Andy Diggle et Jock.

Comme son titre l’indique, c’est un point d’entrée idéal dans l’univers de l’archer vert. C’est en plus une oeuvre de très bonne qualité créée par le duo à l’origine des Losers, dont je vous avais déjà parlé ici.
Oui, le dessin de Jock est assez particulier, on pourrait le qualifier de volontairement « sale ». Mais ce type de dessin convient à merveille aux justiciers plutôt qu’aux super-héros, aux hommes d’action réalistes et sombres, en opposition totale au Superman solaire qu’on retrouve souvent. Les cadrages qu’il choisit sont extraordinaires. Il vous suffira de regarder les 5 premières pages pour en être convaincus : sans que le dialogue soit nécessaire, on cerne le personnage, on est tout de suite accroché. J’en suis très fan vous l’aurez compris ! A égalité avec Sean Murphy, Jock est définitivement mon dessinateur préféré.

critique de comics green arrow year one

Mais bien que fascinés par les dessins, n’oublions pas prêter attention au scénario ! Il est assez simple, il ne révolutionne pas l’histoire de Green Arrow (pour ceux qui connaîtraient le personnage avant) mais c’est dans les détails, dans les petites touches, que Diggle est le plus juste. Au début du récit, Oliver Queen est une tête brûlée immature qui vit pleinement sa vie de millionnaire. Lorsqu’il se retrouve piégé sur l’île, son voyage commence et c’est à ce moment-là que les détails importent. Il met une capuche pour se protéger du soleil après une grave insolation par exemple. Il se perfectionne au tir à l’arc (qu’il maîtrisait déjà) car c’est tout ce qui lui reste du naufrage et qu’il faut bien manger, puis se protéger. Loin du symbolisme du costume de Batman qui se façonne entièrement pour servir la justice, Oliver Queen reste avant tout un survivant. Toutes ses actions sont guidées par son instinct de survie, en opposition à beaucoup d’autres héros de comics, à l’idéalisme parfois assez improbable. De même, on comprend le cheminement de pensée de l’homme qui avait tout et se retrouve subitement démuni. On comprend que c’est sa culpabilité du milliardaire qui est réveillée par la vue de personnes réduites en esclavage sur l’île et qui le conduit à se positionner en justicier.

critique de comics green arrow year one

De ce positionnement logique découle un réalisme assez rafraîchissant. Quand on aime les comics, on sait bien qu’il faut faire preuve d’un peu d’indulgence face aux voyages dans le temps et autres résurrections de personnages… Mais un auteur qui prend soin de travailler son histoire au point qu’elle paraît plausible dans le monde réel mérite quelques applaudissements !

Ce n’est donc pas un hasard si ce récit des origines de Green Arrow a servi de modèle pour la série Arrow, même si ce qui se passe sur l’île n’a rien à voir avec l’histoire originale. Comme dans le comics d’origine, l’évolution du survivant en héros y est traité de manière progressive et pragmatique. John Diggle, le garde du corps/sidekick d’Oliver Queen créé spécialement pour la série porte même le nom du scénariste de Green Arrow : Year One comme un hommage plus qu’appuyé. Alors si les créateurs de cette série géniale l’aiment, comment pourrait-on ne pas aimer ce comics ?!

critique de comics green arrow year oneEn conclusion : Oui, vous pouvez définitivement lui faire une place dans votre étagère, Green Arrow : Year One est un classique à mettre dans toutes les mains !
Et si vous devenez instantanément fan, Urban Comics a prévu de sortir d’autres aventures de Green Arrow en juillet 2014 !